Prière pour un défunt

Hymne acathiste pour un défunt.

Père saint, ton Fils unique, Premier des Grands Prêtres, a déposé son âme pour le salut du monde déchu et pour nous permettre de devenir enfants de Dieu et habitants de ton Royaume au jour sans crépuscule, accorde au défunt le pardon et la joie éternelle ; nous intercédons pour lui par cette prière :

Seigneur, Juge tout-compatissant, accorde à ton serviteur la douceur du paradis.

Saint Ange Gardien, envoyé de Dieu, viens prier pour ton protégé, que tu as accompagné sur tous les chemins de la vie, que tu as sauvegardé et guidé, lance avec nous cet appel au Sauveur miséricordieux.
Seigneur, détruis le manuscrit des péchés de ton serviteur ;
guéris les plaies de son âme ;
que sur terre ne restent pas de lui de souvenirs amers ;
fais grâce pour lui à ceux qui l’ont peiné et à ceux qu’il a chagrinés ;
recouvre ses imperfections du lumineux vêtement de ta Rédemption ;
donne-lui la joie par ta miséricorde infinie ;
toi, l’ineffable, le grand et le merveilleux, montre-toi à lui.

Ô Juge tout-compatissant, rends ton serviteur digne des douceurs du paradis.

Telle une inconsolable tourterelle, l’âme voltige par les plaines, méditant, de la hauteur de l’intelligence divine, sur les péchés et les tentations des voies du passé, emplie de chagrin pour chaque jour sans retour, perdu sans profit ; mais fais grâce à ton serviteur, ô Maître, qu’il entre dans ta paix, s’écriant : Alléluia !

Si ton Fils a souffert pour le monde entier, s’il a versé des larmes et transpiré en gouttes de sang, pour les vivants et les morts, qui pourrait retenir notre prière pour le défunt ? Par lui qui est descendu jusqu’aux enfers, nous prions pour le salut de ton serviteur.

Ô Donateur de vie, illumine-le de ta lumière,
qu’il soit un avec toi, Père, Fils et Saint Esprit.
Toi, qui nous appelles tous dans ta vigne, ne manque pas de l’éclairer de ta lumière.
Dispensateur généreux des récompenses éternelles, fais-le fils de ton Palais ;
rends à son âme les forces de sa pureté première ;
qu’en son nom se multiplient les œuvres bonnes.

Ô Juge tout-compatissant, rends ton serviteur digne des douceurs du paradis.

Les tempêtes de la vie sont passées, les souffrances terrestres terminées, les ennemis et leur méchanceté, sans force ; mais fort est l’amour qui délivre de la ténèbre éternelle et sauve, ô Dieu, tous ceux qui élèvent vers toi ce chant hardi : Alléluia !

Tu es pour nous la miséricorde, où n’entrent pas les comptes ; tu es l’unique Libérateur et l’unique Sauveur ; et comme Simon de Cyrène a aidé le Christ à porter la croix, ô Tout-Puissant, de même maintenant, accomplie le salut de nos proches par le secours de notre prière.

Seigneur, tu nous as commandé de porter le fardeau les uns des autres,
par l’intercession de nos proches, tu nous pardonnes après la mort.
Toi qui as établi une relation d’amour entre les défunts et les vivants.
que les prières de ceux qui l’aiment servent au salut de ton serviteur ;
entends les cris de son cœur s’élevant de notre bouche.

Ô Juge tout-compatissant, rends ton serviteur digne des douceurs du paradis.

Ô Dieu, reçois son dernier soupir désolé, comme la prière du bon larron. Il s’est éteint sur la croix de la vie, fais-le héritier de ta promesse, comme tu l'as fait pour le bon larron : "Amen, Je te le dis, tu seras avec moi au paradis", où la multitude des pécheurs repentis chante dans la joie : Alléluia !

Que ton Fils, crucifié pour nous, étende sa main et par les gouttes de son Sang précieux, qu’il lave sans laisser de trace tous les péchés commis en sa vie. Par sa respectable nudité, qu’il réchauffe son âme dénudée, devenue orpheline.

Seigneur, tu connaissais sa vie dès avant sa naissance et tu l’as aimé ;
tu le voyais de loin et tu tendais vers lui ton amour infini.
Nous demandons pour lui le pardon des ses fautes,
rendu possible par le sanglant Golgotha.
Ô Dieu tout-puissant, par la mort du Christ pour lui,
par sa mise au tombeau, sanctifie son repos dans la tombe.
Que ton Fils ressuscité d’entre les morts emporte vers toi son âme aigrie.
Ô Juge tout-compatissant, rends ton serviteur digne des douceurs du paradis.

Il dort du sommeil de la tombe : mais son âme ne sommeille pas, elle t’espère, Seigneur, elle a soif de toi, le saint Fiancé éternel. Que s’accomplissent sur le défunt les Paroles de ton Christ : "Celui qui mange ma Chair et boit mon Sang aura la vie éternelle". Donne-lui à manger de la manne du secret et de chanter auprès de ton autel : Alléluia !

La mort l’a séparé de tous ses proches, l’âme s’est éloignée, ceux qui le connaissaient se désolent, les barrières de la chair sont détruites, et tu t’es découvert, dans l’inaccessible grandeur de la Divinité, avec l’attente de la réponse.

Seigneur, Amour au-dessus de toute compréhension, prends pitié de ton serviteur ;
pardonne l’infidélité de son cœur.
par les espérances trompées, naissait la nostalgie vers toi,
souviens-toi de ces heures où son âme frémissait d’enthousiasme pour toi.
Accorde au défunt la joie non terrestre et le repos dans le sein d’Abraham.
Unique fidèle, sans changement, accueille-le auprès de toi.

Ô Juge tout-compatissant, rends ton serviteur digne des douceurs du paradis.

Nous croyons à la durée limitée de notre séparation. Nous t’ensevelissons, comme la graine dans le champ, tu repousseras dans un autre pays. Que périsse dans la tombe l’ivraie de tes péchés, et les œuvres bonnes s’y illumineront, là où les semences du bien apportent des fruits impérissables, où les âmes saintes chantent : Alléluia !

Lorsque le sort du défunt deviendra oubli, lorsque son image s’assombrira dans les cœurs, et que le temps effacera avec la tombe l’ardeur de la prière pour lui, alors, toi, ne l’abandonne pas, donne la joie à l’âme solitaire.

Ô Dieu, ton Amour ne se refroidit pas,
ton bon vouloir est inépuisable.
Les prières de l’Église pour ton serviteur défunt ne se taisent pas,
que ses péchés soient lavés par l’Offrande du Sacrifice non sanglant.
Par l’intercession de tous les saints, accorde-lui la grâce de prier pour les vivants ;
aux jours de nos épreuves, reçois son intercession pour nous.

Ô Juge tout-compatissant, rends ton serviteur digne des douceurs du paradis.

Prions avec des larmes, tant qu’est douloureusement frais le souvenir du défunt, faisons mémoire de son nom, nuit et jour, par des aumônes nourrissant ceux qui ont faim, chantant du fond de l’âme : Alléluia !`

Le visionnaire Jean le Théologien a vu auprès du trône de l’Agneau de Dieu une immense foule, tout de blanc vêtue ; c’était tous ceux qui venaient de la grande tribulation. Ils te servent, toi notre Dieu, nuit et jour dans la joie et tu habites avec eux, et la souffrance et la peine ne les effleureront plus.

Seigneur, fais se joindre à eux ton serviteur,
qui a beaucoup souffert et peiné en sa vie ;
tu connais toutes ses heures amères et ses lourdes minutes ;
sur terre il a eu chagrins et soucis, donne-lui au ciel, la joie,
et accorde-lui les délices des sources d’eau vive ;
sèche toute larme de ses yeux,
et fais-le entrer là où le soleil ne brûle pas, mais vivifie par ta Vérité.

Ô Juge tout-compatissant, rends ton serviteur digne des douceurs du paradis.

Terminé le voyage sur terre, quel bienheureux passage au monde de l’Esprit, quelle contemplation de choses nouvelles et de beauté célestes, inconnues du monde terrestre, l’âme revient dans sa patrie, où le clair soleil de la Vérité divine illumine ceux qui chantent : Alléluia !

Si ton reflet et ta trace rayonnent sur le visage des mortels, comment es-tu alors toi-même ? Si les fruits de tes mains sont tellement merveilleux et que la terre reflète seulement ton ombre, dans une grandeur indescriptible, comment doit être alors ta Face visible. Fais se découvrir ta Gloire à ton serviteur.

Ô Dieu, fais-le voir et entendre la Liturgie céleste
afin que sa joie soit complète.
Raffermis son espérance de la rencontre dans les demeures des bienheureux
et accorde-nous de ressentir la force bienfaisante de la prière pour les défunts.

Ô Juge tout-compatissant, rends ton serviteur digne des douceurs du paradis.

Notre Père, reçois dans ton Royaume celui qui s’est éteint, là où il n’y a ni péché, ni mal, là où la Sainte Volonté est inébranlable, là où, dans l’assemblée des âmes les plus pures et des anges sans défaut, brille ton Nom bienfaisant et où règne le parfum de la glorification : Alléluia !

En ce jour-là, les Anges établiront ton trône, ô Juge, et tu illumineras le monde de ta gloire, portant la rémunération à chacun. Jette alors un regard compatissant sur ton humble serviteur et dit lui : "Viens à ma droite !"

Seigneur, toi seul as le pouvoir de remettre les péchés ;
pardonne-lui donc ses péchés oubliés ou cachés par honte ;
libère-le de l’iniquité dû à la faiblesse ou l’ignorance,
et délivre-le des profondeurs sans lumière du désespoir infernal.
Qu’il hérite de tes demeures vivifiantes ;
ajoute-le aux bénis de tous les siècles
et accorde-lui la béatitude qui ne cesse jamais.

Ô Juge tout-compatissant, rends ton serviteur digne des douceurs du paradis.

Maître de toute Bonté, que s’ouvrent au défunt les portes ensoleillées du Paradis, que viennent à sa rencontre dans l’allégresse les assemblées des justes et des saints, la foule de ses proches et de ceux qui l’aiment, que se réjouissent pour lui tes Anges porteurs de lumière, qu’il voit aussi la Théotokos, là où résonne victorieusement : Alléluia !

Par ton souffle revivent les fleurs, la nature ressuscite, des foules de minuscules créatures s’éveillent. Ton regard est plus clair que les cieux printaniers, ton Amour, ô Dieu, plus chaud que les rayons du soleil. De la poussière terrestre tu as ressuscité la chair périssable de l’homme, pour l’épanouissement à la vie éternelle, alors éclaire aussi ton serviteur de la lumière de tes Bontés.

Seigneur, les bienfaits de la vie sont en ta main,
en ton regard la Lumière et l’Amour,
libère de la mort éternelle spirituelle le défunt
qui s’est endormi dans l’espérance.
Éveille-le, lorsque les ronces de la terre se revêtiront de la couleur de l’éternité
et que rien n’assombrisse son dernier sommeil terrestre,
Bonheur fidèle et but de notre existence.

Ô Juge tout-compatissant, rends ton serviteur digne des douceurs du paradis.

Ô Christ ! Tu es Royaume Céleste, tu es terre des humbles, tu es demeure de ceux qui espèrent en toi, tu es boisson parfaitement nouvelle, tu es le vêtement et la couronne des bienheureux, tu es la couche du repos des saints ! C’est à toi qu’appartient la glorification : Alléluia !

Par l’image des paisibles parcs d’une beauté non terrestre, et des demeures aussi claires que le soleil, et dans la perfection des chants célestes, tu nous a découvert la félicité de ceux qui t’aiment.

Seigneur, que ton serviteur entre dans ta joie ;
revêts-le de l’illumination de ta Gloire ;
qu’il entende le chant ineffable des chérubins,
qu’il s’élève de gloire en gloire,
et qu’il voit la splendeur de ta Face.

Ô Juge tout-compatissant, rends ton serviteur digne des douceurs du paradis.

Ô Dieu saint et immortel, au minuit du péché et de l’incrédulité, arrivant du Ciel avec les Anges, pour juger le monde entier, ouvre les portes de ton palais glorieux à ton serviteur, qu’avec les foules innombrables des saints, il chante dans les siècles :

Alléluia, Alléluia, Alléluia !