"La vie l'emportera toujours sur la mort"

Célébration de la Résurrection du Seigneur, Sainte Nuit de Pâques, Saint Jour de Pâques : diaporama et homélies.

Homélie de la veillée pascale

"Les saintes femmes, Marie-Madeleine, Marie et Salomé, ont peur. Saint Marc nous dit qu’elles furent saisies de frayeur. Le tombeau est ouvert et il est vide. Il y a un jeune homme qui est là vêtu de blanc et il leur annonce cette nouvelle inouïe : Jésus est ressuscité. C’est à cause de cette nouvelle qu’elles sont profondément troublées. « Ne soyez pas effrayées », leur dit ce jeune homme. Mes frères, sommes-nous effrayés par la résurrection de Jésus ? Non, bien au contraire, c’est ce qui est au cœur de notre foi. C’est là toute la vigueur d’une certitude, et cette certitude, elle nous atteint au cœur de cette nuit. Je le disais aux enfants de chœur avant la messe, la nuit de Pâques est la mère de toutes les veillées. Cette nuit est plus sainte que la nuit de Noël. C’est au cœur des ténèbres que jaillit la lumière, au cœur du tombeau, et il en est ainsi dans notre vie.

   

La lumière du Seigneur vient nous rejoindre au cœur même de nos tombeaux, de nos ténèbres. Car nous le savons, il y a en nous une part d’ombre, c’est la part de péché, c’est le mal qui est en nous, le mal que nous faisons. Et pourtant, nous ne sommes pas atteints par le désespoir de cette noirceur car nous savons, ô grand mystère, que le Seigneur Jésus ressuscite, non pas en dehors du tombeau, non pas à côté du tombeau, mais le mystère de sa résurrection, de sa victoire le touche, l’atteint, s’accomplit au cœur même de l’obscurité du tombeau. Cela veut dire beaucoup pour nous. Cela veut dire que le Seigneur Jésus n’attend pas de nous que nous sortions de nos ténèbres pour pouvoir être touchés par sa lumière, mais c’est sa lumière qui nous rejoint dans nos ténèbres.

Cette nuit, nous célébrons le mystère pascal de Jésus, le mystère de sa mort et de sa résurrection. Je suis très heureux, avec vous tous, mes frères, d’accueillir cette nuit Elsa. Elle arrive en quelque sorte au terme d’un chemin, mais qui n’est que le commencement d’une vie nouvelle. Nous sommes heureux d’accueillir son époux et leur fille Prudence, son parrain, sa marraine. Ce que vous allez vivre cette nuit n’est pas du domaine du sensible - je sais que vous êtes sensible - ce qui va se réaliser est bien au-delà de la sensibilité. Ce qui va se réaliser est du domaine de la foi, du mystère même de Dieu. Vous allez plonger dans la mort avec Jésus, pour ressusciter avec Jésus dans une vie nouvelle. Comme les saintes femmes, il peut y avoir du trouble, de l’appréhension, mais entendez ce jeune homme, qui n’est peut-être autre que Jésus, vous dire : « Ne soyez pas effrayée, vous cherchez Jésus, il est ressuscité. » Ouvrez largement votre cœur à cette grâce que Dieu vous fait. Réalisons avec vous, qu’avant même que vos parents, votre mère ne connaisse votre existence, Dieu déjà vous connaissait, Dieu déjà vous aimait. Et Dieu vous a appelée avec patience ;

 

Et vous avez répondu à son appel. Vous avez entendu sa voix et vous y avez répondu et ce qui se réalise cette nuit, c’est la plus belle des réponses à la tendresse de Dieu pour vous : « Me voici, Seigneur, je veux devenir ton enfant bien-aimée, je veux recevoir de toi la vie nouvelle. Je veux que cette lumière qui n’est autre que toi-même vienne au cœur même de mes ténèbres, non pas que votre vie soit plus ténébreuse que la nôtre, mais nos vies sont marquées par ces ténèbres, nous le savons tous, et nous désirons tous que cette lumière nous irradie, nous transfigure, et elle le fait. Ce qui nous est demandé, c’est de répondre à l’amour de Jésus, c’est accueillir cette lumière pour que nous soyons profondément transformés, encore une fois non pas sensiblement mais au plus profond de nous-mêmes, au plus profond de nos cœurs, de nos âmes. Que jaillisse en nous cette espérance de savoir que la vie l’emportera toujours sur la mort, que le bien l’emportera toujours sur le mal, à condition ... à condition que nous nous livrions à l’amour, que nous ne résistions pas à l’amour de Dieu qui s’offre à nous. Dieu n’est jamais avare de sa grâce envers nous. Souvent nous pouvons nous plaindre : « Seigneur, est-ce que tu m’entends ? Est-ce que tu m’écoutes ? Pourquoi est-ce que tu ne m’exhausse pas ? » Comme si le Seigneur n’avez pas tout pouvoir. Bien sûr que si ! C’est à nous d’ouvrir notre cœur à son Cœur ressuscité.

   

C’est la grâce que nous demandons, que le baptême d’Elsa cette nuit soit pour elle une grâce merveilleuse d’une vie nouvelle, et que ce soit pour nous aussi le renouvellement de notre grâce baptismale. Que nous puissions redire en cette nuit : « Seigneur, je n’ai aucune peur, aucune crainte, je crois en toi. Je crois en ta Sainte Résurrection. Je crois que tu es à jamais vivant, que depuis le jour béni de mon baptême, je suis entré dans ton éternité, que cette éternité n’est pas à venir, qu’elle est présente. L’éternité, c’est de te connaître toi Jésus et de connaître celui qui t’a envoyé, et d’accueillir le don de l’Esprit Saint. » Oui, Elsa, entrez maintenant dans l’éternité de Dieu, dans l’amour de Dieu. Que cet amour vous transfigure. Soyez comme ces saintes femmes de évangile, portez témoignage de ce que le Seigneur fait en vous des merveilles. Amen."